{"id":1406,"date":"2022-03-29T12:22:09","date_gmt":"2022-03-29T12:22:09","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.nicarb.org\/?p=1406"},"modified":"2022-03-29T12:22:09","modified_gmt":"2022-03-29T12:22:09","slug":"execution-de-la-sentence-arbitrale-nationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/2022\/03\/29\/execution-de-la-sentence-arbitrale-nationale\/","title":{"rendered":"EX\u00c9CUTION DE LA SENTENCE ARBITRALE NATIONALE"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Par: ADELEKE AGBOLA, SAN, FCArb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Arbitrage a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini dans la c\u00e9l\u00e8bre affaire <strong>KANO STATE URBAN DEVELOPMENT BOARD C\/ FANZ CONSTRUCTION LTD (1990) NWLR (PT. 142)1, (1990) LPELR \u2013 16959 (SC)<\/strong> comme \u201c\u2026 le renvoi d\u2019un litige entre au moins deux parties pour qu\u2019il soit tranch\u00e9, apr\u00e8s audition des deux parties par voie judiciaire, par une ou plusieurs personnes autres qu\u2019un tribunal comp\u00e9tent\u2026.. La d\u00e9cision de l\u2019arbitre ou du juge-arbitre s\u2019appelle la sentence (<em>traduction de = <\/em><em>the reference of a dispute between not less than two parties for determination, after hearing both sides in a judicial manner, by a person or persons other than a court of competent jurisdiction\u2026. The decision of the arbitrator or umpire is called the award <\/em>\u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Au vu de la d\u00e9finition donn\u00e9e dans l\u2019affaire Fanz, il est \u00e9vident que l\u2019 aboutissement de tout arbitrage est g\u00e9n\u00e9ralement \u201cla Sentence\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Nig\u00e9ria, l\u2019Arbitrage est r\u00e9glement\u00e9 par le <strong><em>Arbitration and Conciliation Act<\/em><\/strong><em>, Cap. A18, Laws of the Federation of Nigeria, 2004 2004 (\u201cACA\u201d). <\/em>Certains \u00c9tats, dont l\u2019\u00c9tat de Lagos, ont leurs propres lois sur l\u2019Arbitrage, mais en g\u00e9n\u00e9ral, ces lois sont une r\u00e9plique presque exacte de l\u2019ACA.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois la sentence rendue par l\u2019Arbitre, il y a, comme dans toute proc\u00e9dure judiciaire, un gagnant et un perdant.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la partie gagnante demande la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution de la sentence, tandis que la partie perdante peut demander l\u2019annulation de la sentence en vertu des articles 29 et\/ou 30 de l\u2019ACA ou le refus de reconna\u00eetre la sentence ou son ex\u00e9cution en vertu de l\u2019article 32 de l\u2019ACA.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DROIT PROCESSUEL APPLICABLE POUR L\u2019EX\u00c9CUTION D\u2019UNE SENTENCE ARBITRALE NATIONALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le droit processuel applicable pour la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une sentence arbitrale nationale est l\u2019Arbitration and Conciliation Act 2004. L\u2019article 51 pr\u00e9voit ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>51.(1) Une sentence arbitrale est, quel que soit le pays dans lequel elle est rendue, reconnue comme obligatoire et, sous r\u00e9serve de l\u2019article 32 de la pr\u00e9sente loi, est, sur demande \u00e9crite adress\u00e9e au tribunal, ex\u00e9cut\u00e9e par ce dernier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(2) La partie qui se pr\u00e9vaut d\u2019une sentence ou qui en demande l\u2019ex\u00e9cution doit fournir :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(a) l\u2019original d\u00fbment authentifi\u00e9 de la sentence ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(b) l\u2019original de la convention d\u2019arbitrage ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci ; et<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(c) lorsque la sentence ou la convention d\u2019arbitrage n\u2019est pas r\u00e9dig\u00e9e en langue anglaise, une traduction d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci en langue anglaise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Lagos State Arbitration Law 2009<\/em> (Loi de Lagos) s\u2019applique aux arbitrages relevant de la juridiction de l\u2019\u00c9tat de Lagos. La<strong> section 2 du Lagos State Arbitration Law 2009<\/strong> dispose :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Application.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 compter de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la pr\u00e9sente Loi, tout arbitrage au sein de l\u2019\u00c9tat sera r\u00e9gi par les dispositions de la pr\u00e9sente Loi, sauf si les parties ont express\u00e9ment convenu qu\u2019une autre Loi sur l\u2019arbitrage est applicable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La section 56 du <em>Lagos State Arbitration Law 2009<\/em><\/strong> pr\u00e9voit \u00e9galement que :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Reconnaissance et ex\u00e9cution des sentences.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Une sentence arbitrale doit, quelle que soit la juridiction ou le territoire dans lequel elle a \u00e9t\u00e9 rendue, \u00eatre reconnue comme ex\u00e9cutoire et, sous r\u00e9serve de la pr\u00e9sente Section et de la Section 58 de la pr\u00e9sente loi, doit, sur demande \u00e9crite d\u2019une partie \u00e0 la Cour, \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e par la Cour.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>La partie qui se pr\u00e9vaut d\u2019une sentence ou qui en demande l\u2019ex\u00e9cution doit fournir :<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>l\u2019original d\u00fbment authentifi\u00e9 de la sentence ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e ;<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>l\u2019original de la convention d\u2019arbitrage ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e ; et<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>lorsque la sentence ou la convention d\u2019arbitrage n\u2019est pas r\u00e9dig\u00e9e en langue anglaise, une traduction d\u00fbment certifi\u00e9e en langue anglaise.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>(3) Une sentence peut, sur autorisation de la Cour ou d\u2019un Juge, \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019un jugement ou une ordonnance avec le m\u00eame effet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE TRIBUNAL COMP\u00c9TENT POUR CONNA\u00ceTRE D\u2019UNE DEMANDE D\u2019EX\u00c9CUTION D\u2019UNE SENTENCE ARBITRALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les tribunaux comp\u00e9tents pour conna\u00eetre d\u2019une demande d\u2019ex\u00e9cution de sentences arbitrales sont les<em> Federal High Courts <\/em>et les <em>High Courts<\/em> des \u00c9tats. Les sections 29 et 30 du <em>Arbitration and Conciliation Act 2004<\/em> pr\u00e9voient que :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(29)(1)Une partie qui est l\u00e9s\u00e9e par une sentence arbitrale peut dans un d\u00e9lai de trois mois :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(a) \u00e0 compter de la date de la sentence ; ou<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(b) dans un cas relevant de l\u2019article 28 de la pr\u00e9sente loi, \u00e0 compter de la date \u00e0 laquelle le tribunal arbitral a statu\u00e9 sur la demande de sentence additionnelle,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>par le biais d\u2019une demande d\u2019annulation, demander au tribunal d\u2019annuler la sentence conform\u00e9ment au paragraphe (2) du pr\u00e9sent article.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(2) Le tribunal peut annuler une sentence arbitrale si la partie requ\u00e9rante apporte la preuve que la sentence contient des d\u00e9cisions sur des questions qui d\u00e9passent le cadre de la soumission \u00e0 l\u2019arbitrage, de sorte que si les d\u00e9cisions sur les questions soumises \u00e0 l\u2019arbitrage peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9es de celles qui ne le sont pas, seule la partie de la sentence qui contient des d\u00e9cisions sur les questions non soumises peut \u00eatre annul\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(3) Le tribunal devant lequel une demande est introduite en vertu du paragraphe (1) du pr\u00e9sent article peut, \u00e0 la demande d\u2019une partie, le cas \u00e9ch\u00e9ant, suspendre la proc\u00e9dure pour une p\u00e9riode qu\u2019il d\u00e9termine afin de donner au tribunal arbitral la possibilit\u00e9 de reprendre la proc\u00e9dure arbitrale ou de prendre toute autre mesure visant \u00e0 \u00e9liminer les motifs d\u2019annulation de la sentence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(30)(1) Lorsqu\u2019un arbitre a fait preuve de mauvaise conduite, ou lorsque la proc\u00e9dure arbitrale, ou la sentence, a \u00e9t\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8rement obtenue, le tribunal peut, \u00e0 la demande d\u2019une partie, annuler la sentence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Un arbitre qui s\u2019est mal conduit peut, \u00e0 la demande d\u2019une partie, \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9 par le tribunal. Reconnaissance et ex\u00e9cution des sentences.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La Section 57 du <em>Arbitration and Conciliation Act<\/em> (<em>Interpretation part)<\/em> pr\u00e9voit en outre ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>57)Dans la pr\u00e9sente loi, \u00e0 moins que le contexte ne requi\u00e8re autrement :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201d Court \u201d d\u00e9signe la High Court d\u2019un \u00c9tat, la High Court d\u2019un territoire de la Capitale F\u00e9d\u00e9rale, Abuja ou la Federal High Court ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201d Judge \u201d d\u00e9signe un Juge de la High Court d\u2019un \u00c9tat, de la High Court du Territoire de la Capitale F\u00e9d\u00e9rale, Abuja ou de la Federal High Court ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire <strong>MAGBAGBEOLA C\/ SANNI <\/strong>(2000) LPELR-10817 (CA), la Cour a jug\u00e9 que la <em>High Court <\/em>de l\u2019\u00c9tat de Lagos \u00e9tait comp\u00e9tente pour nommer un arbitre en ce qui concerne la formule de partage des actions d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 l\u00e9galement constitu\u00e9e, en d\u00e9pit du fait que la <em>High Court <\/em>qui est investie de la comp\u00e9tence exclusive en mati\u00e8re de soci\u00e9t\u00e9s et de questions connexes est la <em>Federal High Court<\/em>. La Cour a poursuivi en affirmant que la querelle opposait les deux partenaires entre eux et n\u2019invoquait pas la comp\u00e9tence de la Federal High Court.<\/p>\n\n\n\n<p>Comparez, cependant, cette d\u00e9cision avec la d\u00e9cision de la cour dans l\u2019affaire <strong>KABO AIR LIMITED V THE O\u2019 CORPORATION LTD <\/strong>(2014) LPELR-23616 o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 qu\u2019un jugement \u00e9tranger \u00e9manant de la Haute Cour de Gambie concernant un litige dans le domaine de l\u2019aviation est enregistrable \u00e0 la Haute Cour F\u00e9d\u00e9rale parce que \u201d <em>La transaction qui a conduit aux jugements \u00e9trangers dans le litige \u00e0 la High Court of Justice de Gambie impliquait un a\u00e9ronef qui rel\u00e8ve de la juridiction exclusive de la Cour inf\u00e9rieure (la Federal High Court) en vertu de la <strong>Section 251\u00a0(1) (k) de la Constitution de 1999<\/strong><\/em>\u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d\u2019\u00e9viter les pertes de temps inutiles qui peuvent \u00eatre caus\u00e9es par des objections pr\u00e9liminaires frivoles, il est recommand\u00e9 que les demandes de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des sentences arbitrales soient introduites devant le tribunal qui a la comp\u00e9tence mat\u00e9rielle pour l\u2019affaire ayant conduit \u00e0 la sentence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES D\u00c9FIS RENCONTR\u00c9S DANS L\u2019EX\u00c9CUTION DES SENTENCES ARBITRALES NATIONALES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1.LA JURIDICTION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans l\u2019ex\u00e9cution des sentences arbitrales nationales est la question de la comp\u00e9tence : le tribunal comp\u00e9tent pour faire ex\u00e9cuter une sentence arbitrale. Le <em>Arbitration and Conciliation Act<\/em> (loi sur l\u2019Arbitrage et la Conciliation) pr\u00e9voit soit la <em>Federal High Cour<\/em>t, soit les <em>High Courts <\/em>de l\u2019Etat.<\/p>\n\n\n\n<p>Des questions peuvent se poser pour savoir si l\u2019objet de la sentence arbitrale que l\u2019on cherche \u00e0 faire ex\u00e9cuter rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence des Federal High Courts ou des State High Courts.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent, les parties qui n\u2019ont pas obtenu gain de cause lors de l\u2019Arbitrage utilisent tous les moyens possibles pour emp\u00eacher l\u2019ex\u00e9cution de la sentence arbitrale, et ont donc recours \u00e0 des exceptions de comp\u00e9tence pour bloquer les processus d\u2019ex\u00e9cution. Comme nous l\u2019avons conseill\u00e9 ci-dessus, il vaut mieux p\u00e9cher par exc\u00e8s de prudence et intenter une action devant le tribunal comp\u00e9tent en la mati\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2.LONGUE P\u00c9RIODE REQUISE POUR L\u2019EX\u00c9CUTION OU LA RECONNAISSANCE D\u2019UNE SENTENCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre d\u00e9fi auquel les parties sont confront\u00e9es est le temps n\u00e9cessaire pour faire ex\u00e9cuter et reconna\u00eetre une sentence arbitrale nationale. Nous disposons d\u2019un nombre limit\u00e9 de juges sp\u00e9cialis\u00e9s dans le domaine de l\u2019arbitrage dans notre pays. L\u2019Arbitrage est un syst\u00e8me judiciaire tr\u00e8s particulier et si l\u2019ex\u00e9cution de la sentence n\u2019est pas assur\u00e9e par des juges comp\u00e9tents et sp\u00e9cialis\u00e9s, cela peut conduire \u00e0 des d\u00e9cisions erron\u00e9es de la part de certains tribunaux, et le prononc\u00e9 de jugements est per\u00e7u comme une intrusion dans le caract\u00e8re d\u00e9finitif des sentences arbitrales.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, les parties ont tendance \u00e0 demander l\u2019annulation des sentences sans base juridique appropri\u00e9e, ce qui constitue une tactique de dilatoire. La r\u00e9ticence \u00e0 accepter le r\u00e9sultat d\u2019une proc\u00e9dure arbitrale est \u00e9galement due au fait que de nombreuses parties et leurs avocats n\u2019acceptent pas le r\u00e9sultat d\u2019une proc\u00e9dure engag\u00e9e volontairement. Par exemple, l\u2019avis d\u2019arbitrage dans l\u2019affaire OKEKE C\/ NITEL (supra) a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis le 16\/12\/1996 et l\u2019affaire a finalement \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e par la Cour Supr\u00eame le 27 janvier 2017, soit plus de 20 ans apr\u00e8s!<\/p>\n\n\n\n<p>Il est ridicule qu\u2019un litige commercial r\u00e9solu par arbitrage prenne autant de temps. Nous esp\u00e9rons que dans le processus d\u2019amendement constitutionnel en cours, le droit de contester une sentence arbitrale devrait avoir son point final \u00e0 la Cour d\u2019Appel, et m\u00eame dans ce cas, les co\u00fbts pour un appel infructueux devraient prendre en compte les co\u00fbts r\u00e9els encourus par les parties, y compris les frais d\u2019avocats.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3.CAPACIT\u00c9 DE R\u00c8GLEMENT DE L\u2019OBJET DU LITIGE PAR LA VOIE DE L\u2019ARBITRAGE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des questions relatives \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des sentences arbitrales au Nigeria est la possibilit\u00e9 de r\u00e9gler l\u2019objet du litige par l\u2019arbitrage et l\u2019ordre public. La section 48(b) du <em>Arbitration and Conciliation Act<\/em> pr\u00e9voit que le tribunal peut annuler une sentence s\u2019il estime que: l\u2019objet du litige n\u2019est pas susceptible d\u2019\u00eatre r\u00e9gl\u00e9 par arbitrage en vertu des lois du Nigeria ; ou que la sentence est contraire \u00e0 l\u2019ordre public du Nigeria. Ainsi, des arbitrages ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s au motif que le litige ne pouvait \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 par arbitrage en vertu de la loi nig\u00e9riane ou \u00e9tait contraire \u00e0 l\u2019ordre public du Nigeria.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4.D\u00c9LAI DE PRESCRIPTION POUR L\u2019ENGAGEMENT DE LA PROC\u00c9DURE D\u2019EX\u00c9CUTION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une autre question concerne le d\u00e9lai de prescription pour l\u2019engagement de la proc\u00e9dure d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n\n\n\n<p>La section 8(1)(d) de la loi sur la prescription (<em>Limitation Law<\/em>) de l\u2019Etat de Lagos (avec des dispositions similaires dans les lois sur la prescription des autres Etats de la F\u00e9d\u00e9ration) pr\u00e9voit que toute demande d\u2019ex\u00e9cution d\u2019une sentence arbitrale doit \u00eatre introduite dans un d\u00e9lai de 6 ans \u00e0 compter de la date \u00e0 laquelle la cause de l\u2019action a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les questions qui se posent sont les suivantes : quand le d\u00e9lai de six ans commence-t-il \u00e0 courir ? Est-ce \u00e0 partir de la date de la naissance de la cause initiale de l\u2019action, ou \u00e0 partir de la date de la sentence arbitrale ? Il en r\u00e9sulte qu\u2019une partie ne peut pas engager avec succ\u00e8s une action en ex\u00e9cution d\u2019une sentence arbitrale en dehors du d\u00e9lai l\u00e9gal de six ans. On s\u2019attend \u00e0 ce que la clause \u201cScott v. Avery\u201d soit ins\u00e9r\u00e9e dans chaque convention d\u2019arbitrage afin de reporter le d\u00e9lai de prescription jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une sentence arbitrale soit rendue.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Un autre probl\u00e8me est le temps qu\u2019il faut aux cas d\u2019arbitrage pour arriver jusqu\u2019\u00e0 la Cour supr\u00eame.\u00a0 Il faut entre 6 et 12 ans pour qu\u2019un dossier d\u2019arbitrage parvienne \u00e0 la Cour Supr\u00eame avant qu\u2019une d\u00e9cision finale soit rendue en faveur de l\u2019ex\u00e9cution de la sentence, p\u00e9riode pendant laquelle la \u201cres\u201d peut avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9TAPES QUE LES AVOCATS DOIVENT SUIVRE POUR L\u2019EX\u00c9CUTION D\u2019UNE SENTENCE ARBITRALE NATIONALE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019article 51<\/strong> du <strong>Arbitration and Conciliation Act, CAP A18, LFN, 2004<\/strong> fournit un cadre juridique unifi\u00e9 pour la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des sentences arbitrales, qu\u2019elles soient locales ou \u00e9trang\u00e8res, comme suit : \u201c<\/p>\n\n\n\n<p>(<strong>1) \u201cUne sentence arbitrale est, quel que soit le pays dans lequel elle est rendue, reconnue comme ex\u00e9cutoire et, sous r\u00e9serve de l\u2019article 32 de la pr\u00e9sente loi, est, sur demande \u00e9crite adress\u00e9e au tribunal, ex\u00e9cut\u00e9e par ce dernier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(2) La partie qui invoque une sentence ou qui en demande l\u2019ex\u00e9cution doit fournir:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(a) l\u2019original d\u00fbment authentifi\u00e9 de la sentence ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci ;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(b) l\u2019original de la convention d\u2019arbitrage ou une copie d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci ; et<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(c) lorsque la sentence ou la convention d\u2019arbitrage n\u2019est pas r\u00e9dig\u00e9e en langue anglaise, une traduction d\u00fbment certifi\u00e9e de celle-ci en langue anglaise\u201d.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire <strong>IMANI & SONS LTD. C\/ BIL CONSTRUCTION CO. LTD<\/strong> (1999) NWLR 12 (Pt. 630), 253 \u00e0 263, la Cour d\u2019appel a statu\u00e9 qu\u2019en plus de la motion on notice introduite par la partie sollicitant l\u2019ex\u00e9cution, cette derni\u00e8re doit \u00e9galement produire les documents suivants :<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c(1) La Convention d\u2019Arbitrage ;<\/p>\n\n\n\n<p>(2) La Sentence Arbitrale originale ;<\/p>\n\n\n\n<p>(3) Le nom et le lieu d\u2019\u00e9tablissement de la personne contre laquelle l\u2019ex\u00e9cution est pr\u00e9vue ;<\/p>\n\n\n\n<p>(4) Une d\u00e9claration selon laquelle la sentence arbitrale n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e, ou n\u2019a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e qu\u2019en partie\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire <strong>EBOKAM V. EKWENIBE & SONS TRADING COMPANY<\/strong>, (2001) NWLR 2 (Pt. 696),32 la Cour d\u2019appel du Nig\u00e9ria a \u00e9num\u00e9r\u00e9 des exigences suppl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires pour une partie qui sollicite la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution en vertu de la Convention de New York. Ces conditions sont les suivantes:<\/p>\n\n\n\n<p>1. la convention d\u2019arbitrage<\/p>\n\n\n\n<p>2. que le litige soit n\u00e9 dans les termes de la demande ;<\/p>\n\n\n\n<p>3. que les arbitres ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 la clause qui contient la demande ;<\/p>\n\n\n\n<p>4. le prononc\u00e9 de la sentence arbitrale ; et<\/p>\n\n\n\n<p>5. que le montant accord\u00e9 est rest\u00e9 impay\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que la Cour reconna\u00eet la sentence en autorisant le cr\u00e9ancier \u00e0 l\u2019enregistrer, elle sera ex\u00e9cut\u00e9e comme un jugement de cette Cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de noter que l\u2019article 31 de l\u2019ACA, qui pr\u00e9voit la m\u00e9thode d\u2019ex\u00e9cution d\u2019un jugement, ne pr\u00e9cise pas si l\u2019autre partie doit \u00eatre mise au courant.\u00a0 Cependant, avec la d\u00e9cision prise par la cour d\u2019Appel dans l\u2019affaire <strong>ALLIED ENERGY LTD C. NIGERIA AGIP EXPLORATION LTD,<\/strong> (2018) LPELR \u2013 4502 (CA), il est devenu opportun pour une partie gagnante cherchant \u00e0 enregistrer et \u00e0 faire ex\u00e9cuter une sentence de mettre l\u2019autre partie en demeure.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impression cr\u00e9\u00e9e par beaucoup est que le Nig\u00e9ria n\u2019est pas un environnement favorable \u00e0 l\u2019Arbitrage, mais un examen impartial des affaires port\u00e9es devant les tribunaux sup\u00e9rieurs r\u00e9v\u00e9lera que la plupart des sentences arbitrales sont confirm\u00e9es par nos tribunaux. En effet, comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 le Juge Kekere-Ekun dans l\u2019affaire Nitel C\/ Okeke (Supra) \u00e0 la page 47, \u201cpour souligner le fait que la Cour ne si\u00e8ge pas en appel d\u2019une sentence arbitrale, il faut noter que m\u00eame si la Cour trouve le bien-fond\u00e9 d\u2019une demande d\u2019annulation d\u2019une sentence, sa comp\u00e9tence se limite \u00e0 annuler la sentence et \u00e0 la renvoyer \u00e0 l\u2019arbitre pour r\u00e9examen. La Cour n\u2019a pas comp\u00e9tence pour d\u00e9terminer le fond de l\u2019affaire qui fait l\u2019objet d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019arbitrage\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire <strong>OKEKE C\/ NNAMDI AZIKIWE UNIVERSITY TEACHING HOSPITAL<\/strong> (2018) LPELR \u2013 43781 (CA), la Cour a refus\u00e9 d\u2019invalider une sentence simplement en raison d\u2019une erreur dans le nom du d\u00e9fendeur.\u00a0 Cependant, dans l\u2019affaire KANO URBAN DEVELOPMENT BOARD C\/ FANZ, (Supra), la Cour a annul\u00e9 une sentence au motif que les parties ont accompli d\u2019autres d\u00e9marches dans le cadre du litige avant que l\u2019affaire ne soit suspendue et ensuite soumise \u00e0 l\u2019arbitrage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CONCLUSION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue pratique, l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une sentence arbitrale au Nig\u00e9ria est, sur le papier, un exercice sans probl\u00e8me si un avocat suit avec diligence la proc\u00e9dure stipul\u00e9e dans le Arbitration and Conciliation Act ou toute autre loi d\u2019Etat applicable.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 notre avis, le retard observ\u00e9 dans l\u2019ex\u00e9cution des sentences arbitrales est davantage d\u00fb \u00e0 la congestion syst\u00e9mique de notre syst\u00e8me judiciaire qu\u2019\u00e0 une d\u00e9faillance inh\u00e9rente aux textes d\u2019application. En outre, il est grand temps que nos Juges suivent les prescriptions de la loi et ne traitent pas les demandes de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des sentences comme s\u2019ils si\u00e9geaient comme une Cour d\u2019Appel sur les Tribunaux Arbitraux, car cela leur permettra de statuer rapidement sur toute contestation d\u2019une sentence arbitrale conform\u00e9ment aux motifs exclusifs stipul\u00e9s dans la loi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00c9F\u00c9RENCES :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li><a href=\"https:\/\/www.lexology.com\">https:\/\/www.lexology.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/www.mondaq.com\">https:\/\/www.mondaq.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/globalarbitrationreview.com\">https:\/\/globalarbitrationreview.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/lawcarenigeria.com\">https:\/\/lawcarenigeria.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/www.spaajibade.com\">https:\/\/www.spaajibade.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/ww.commonlii.org\">https:\/\/ww.commonlii.org<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/leaders-in-law.com\">https:\/\/leaders-in-law.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/laws.lawnigeria.com\">https:\/\/laws.lawnigeria.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/lawdessertation.blogspot.com\">https:\/\/lawdessertation.blogspot.com<\/a><\/li><li><a href=\"https:\/\/caselaw.findlaw.com\">https:\/\/caselaw.findlaw.com<\/a><\/li><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par: ADELEKE AGBOLA, SAN, FCArb L\u2019Arbitrage a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini dans la c\u00e9l\u00e8bre affaire KANO STATE URBAN DEVELOPMENT BOARD C\/ FANZ CONSTRUCTION LTD (1990) NWLR (PT. 142)1, (1990) LPELR \u2013 16959 (SC) comme \u201c\u2026 le renvoi d\u2019un litige entre au moins deux parties pour qu\u2019il soit tranch\u00e9, apr\u00e8s audition des deux [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1404,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"nf_dc_page":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[179],"tags":[195,196,507,187],"class_list":["post-1406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-weekly-law","tag-adr-2","tag-arbitration-2","tag-enforcement","tag-nicarb-2","col-lg-4 col-md-6"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/blog.nicarb.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/ENFORCEMENT-OF-DOMESTIC-ARBITRAL-AWARD.jpg?fit=770%2C440&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pcb80P-mG","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1406"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1407,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406\/revisions\/1407"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1404"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicarb.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}